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Créé en 1989 à Toulouse, le LAIRDIL a pour vocation de développer et d’ancrer une recherche fondamentale et appliquée en didactique des LANgues pour Spécialistes d’Autres Disciplines (LANSAD). Implanté à l’Université Paul Sabatier – Toulouse III, il fédère les enseignants-chercheurs de la ComUE 'Université de Toulouse' (UFTMiP) et des chercheurs géographiquement isolés qui ont choisi cette voie. Sa situation en France est unique.

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 Actualités
14 Mai 2016
Presentation du FABLANG au FabLab Festival de Toulouse
Presentation du FABLANG au FabLab Festival de Toulouse

Le dispositif transversal d’apprentissage des langues étrangères, qui porte pour nom, Fab Lang, a été présenté vendredi 6 mai, au Fab Lab Festival de Toulouse. La manifestation s’est déroulée à l’Artilect, Fab Lab de Toulouse, à l’occasion de la journée consacrée aux professionnels.

La présentation portait sur l’origine du dispositif ainsi que sur celle de l’avancée de la réflexion menée actuellement dans le cadre du Centre de Langues de l’Iut A Paul Sabatier (cf photo), sachant que celle-ci se décline en une réponse pédagogique et une réponse recherche.

Le concept Fab Lang, « fabrication de la langue », repose sur une démarche (philosophie et comportement) et des objectifs (fabrication), identiques à ceux d’un Fab Lab (fabrication en laboratoire), seuls les outils pour y parvenir différent.  

Le concept de Fab Lab est, avant tout, une philosophie « pratique » qui est fondée sur la notion de plaisir et de satisfaction de faire soi-même et de faire avec les autres. C’est ainsi que le grand pionnier de la création du réseau Fab Lab, Neil Gershenfeld,  avait conçu son cours « pratique », en 1988, intitulé « How to make (almost) anything », à l’attention de ses étudiants du MIT.  Partant d’une compréhension intuitive, Gershenfeld se demandait comment le contenu de l’information renvoyait à sa représentation physique et comment une communauté pouvait être plus créative si elle avait  -à un niveau local- accès à une technologie.  De cette approche différente de travailler émergèrent des concepts novateurs : l’apprentissage entre pairs, les processus libres, la démocratisation de la technologie et le partage du savoir.

L’origine du concept Fab Lang, pour l’apprentissage des langues étrangères, est le prolongement du travail de recherche de Françoise Raby (2015), directrice du laboratoire LAIRDIL, sur les dispositifs innovants et la pertinence du modèle Fab Lab pour les projets de recherche portant sur les TICE.  Il s’appuie sur trois aspects essentiels des Fab Labs: la représentation physique matérielle et la créativité, l’émergence d’un lieu de ressources ouvert à tous pour la collaboration (open source) et la redéfinition de la relation animateur / apprenant que la situation crée (le positionnement « horizontal » de la transmission du savoir).  

Le Fab Lang renvoie ainsi aux théories des situations intégrées ou l’apprentissage situé, l’apprentissage par l’action ou encore la démarche pédagogique de type « pédagogie par projet », qui cherche à dépasser l’aporie entre acquisition et apprentissage de la langue. Il revisite naturellement la pédagogie  collaborative de projet portée par les mouvements de l’Ecole active et de l’Education Nouvelle. Nous citerons Dewey (1910) et « l’école laboratoire », Freinet (1943) et le « tâtonnement expérimental, » Montessori (1907) et le « faire pour soi-même et par soi-même » ou encore Piaget (1947), « une vérité apprise n’est qu’une demi-vérite, la vérité entière étant reconquise, reconstruite ou redécouverte par l’élève lui-même ».  

La réponse recherche s’appuie sur l’observation de l’activité en classe de langue dans une perspective ergonomique avec l’apport de la théorie de l’émergence (Piaget, 1947 ; Varela, 1989). La démarche de type ergonomique a deux objectifs : améliorer les compétences en analysant le travail et concevoir un dispositif. Les principes forts de la théorie de l’émergence sont l’interaction, l’instabilité, le dynamisme et la cognition incarnée, le fait que l’on apprend avec son corps et ses émotions. L’étudiant sort ainsi du paradigme vrai/faux pour favoriser l’émergence de la langue et la motivation.

Le mot clé devient la « fabrication »,  « fabrication de la langue » dans le sens de « faber », d’ouvrier qui travaille.

L’activité sur laquelle repose l’observation et l’analyse du travail de recherche est le « debating ». Il s’agit d’un jeu rhétorique où deux équipes s’affrontent verbalement afin de défendre une motion. Dans le même paradigme que la classe inversée, ce sont les étudiants eux-mêmes qui vont préparer la séance. Par exemple, ils peuvent se rendre sur internet de façon à chercher ce dont ils ont besoin pour débattre : la phraséologie nécessaire, le lexique, l’argumentaire. Ou encore rédiger un « art du débat. ». L’enseignant peut apporter également des ressources mais il a un rôle de coach, de « metteur en scène des savoirs ».

Partant du constat que l’on n’apprend pas une langue, mais qu’on la développe au travers d’interactions, avec l’aide de supports et d’activités, ce dispositif de recherche associe et confronte divers types de données (comportements, performances, représentations) dans le but d’identifier et de mesurer son impact sur la motivation et les acquisitions.

Et de conclure par une question : une langue peut-elle émerger en situation académique/institutionnelle selon un autre modèle que celui du développement de la langue première?

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